29 octobre 2009
12 octobre 2009
Amour de ma vie,
Un flacon de Chanel dans la salle de bain. Flash-forward.
Chanel, un gros flacon aux trois quarts plein, découvert par hasard sur la tablette carrelée de la salle de bain, camouflé derrière le bordel cosmétique de ma mère, Chanel, numéro 5.
Quelques gouttes sur ma peau, sur mon torse entre les pectoraux quelques gouttes, et roulez jeunesse. Happy... Birthday... To... You...
Chanel, un gros flacon aux trois quarts plein, découvert par hasard sur la tablette carrelée de la salle de bain, camouflé derrière le bordel cosmétique de ma mère, Chanel, numéro 5.
Quelques gouttes sur ma peau, sur mon torse entre les pectoraux quelques gouttes, et roulez jeunesse. Happy... Birthday... To... You...
04 octobre 2009
Amour de ma vie,
P. m'a aimé pour ma fraîcheur, ma persévérance.
B. m'a aimé pour ma liberté, mon insouciance.
C. m'a aimé pour mon désespoir, ma déchéance.
Et toi, pour quoi m'aimeras-tu ?
B. m'a aimé pour ma liberté, mon insouciance.
C. m'a aimé pour mon désespoir, ma déchéance.
Et toi, pour quoi m'aimeras-tu ?
02 octobre 2009
Amour de ma vie,
Rabac, Istrie, Croatie, 31/08/2008
Cette pensée pour toi balance entre deux pôles de sentiments, deux paniers de crabes. J'hésite entre la rage qui émane d'une impression d'abandon, un blues des oubliés, mon absence volontaire de réponse qui n'avait pas pour but de sceller ton silence et déployer ton attention... Réagir - la tentation de recourir au constat d'échec, donc, ou une indécrottable persévérance que ne soutient à bout de bras que la conviction d'avoir touché ta cible et de m'y être incrusté si profond que cette écharde résistera quelque temps encore à la pince à épiler du temps dans l'eau brûlante de tes soucis de santé, physiques et psychologiques. La sophrologie, alors ? En écrivant cette carte, gravant sur le carton comme à chaque étape de mon voyage à l'Est la persistance de notre (mal)aise, sans (mal)adresse, je tire du paquet de Marlboro la dernière cigarette, la retournée. Je fais le voeu de ne plus rien espérer. En général. Sea and sun, c'est tout, il manquera toujours le sex à mes étés. Et que dire de l'amour, que même ceux qui m'aiment en paroles me refusent obstinément. Moi j'avoue.
Cette pensée pour toi balance entre deux pôles de sentiments, deux paniers de crabes. J'hésite entre la rage qui émane d'une impression d'abandon, un blues des oubliés, mon absence volontaire de réponse qui n'avait pas pour but de sceller ton silence et déployer ton attention... Réagir - la tentation de recourir au constat d'échec, donc, ou une indécrottable persévérance que ne soutient à bout de bras que la conviction d'avoir touché ta cible et de m'y être incrusté si profond que cette écharde résistera quelque temps encore à la pince à épiler du temps dans l'eau brûlante de tes soucis de santé, physiques et psychologiques. La sophrologie, alors ? En écrivant cette carte, gravant sur le carton comme à chaque étape de mon voyage à l'Est la persistance de notre (mal)aise, sans (mal)adresse, je tire du paquet de Marlboro la dernière cigarette, la retournée. Je fais le voeu de ne plus rien espérer. En général. Sea and sun, c'est tout, il manquera toujours le sex à mes étés. Et que dire de l'amour, que même ceux qui m'aiment en paroles me refusent obstinément. Moi j'avoue.
01 octobre 2009
30 septembre 2009
Amour de ma vie,
Varna, 16/08/2008
De plus en plus difficile de faire semblant.
Enfoncés, les écouteurs de l'iPod dans les oreilles pour que le bûcheron suédois de l'auberge de jeunesse comprenne que je n'ai pas envie de parler ou de tailler le bout de gras avec lui. Immobile en position de sphinx, le chaton de l'auberge - toi qui a une prédilection pour les ti chats... Barge, le gérant de l'auberge qui transpire la bière H24 (c'est un anglais). Rapide, le Mexicain caliente qui a boulotté l'Américaine le matin de son arrivée. Sortis, A. et G. tandis que je traînasse au lieu de faire mes bagages. Abusé, que je m'étende sur ces détails sans aucune importance. Renfrognée, la mine que j'affiche depuis cet échange de mail avant d'aller à la plage.
Ouais, je t'haine.
De plus en plus difficile de faire semblant.
Enfoncés, les écouteurs de l'iPod dans les oreilles pour que le bûcheron suédois de l'auberge de jeunesse comprenne que je n'ai pas envie de parler ou de tailler le bout de gras avec lui. Immobile en position de sphinx, le chaton de l'auberge - toi qui a une prédilection pour les ti chats... Barge, le gérant de l'auberge qui transpire la bière H24 (c'est un anglais). Rapide, le Mexicain caliente qui a boulotté l'Américaine le matin de son arrivée. Sortis, A. et G. tandis que je traînasse au lieu de faire mes bagages. Abusé, que je m'étende sur ces détails sans aucune importance. Renfrognée, la mine que j'affiche depuis cet échange de mail avant d'aller à la plage.
Ouais, je t'haine.
29 septembre 2009
Amour de ma vie,
Sofia, 12/08/2008
Le jus de kiwi est sur la table à mon retour des toilettes, ils n'ont plus de cheesecake à la fraise, je me rabats sur la crème brûlée dont ils se targuent d'être spécialistes, on va voir ce que ça rend. Je fume, évidemment c'est autorisé, songeur, suite à notre conversation d'hier. Ce n'est pas tout à fait par hasard que je suis tombé sur cette pâtisserie (chic et pourtant modiques, les prix) au rez-de-chaussée de ce qui doit être un vestige des temps communistes totalement réhabilité. C'est ça qui est proprement hallucinant à Sofia, et que j'avais déjà (dans une moindre mesure) observé dans d'autre pays de l'Est (Cracovie, Bratislava) : cette décrépitude soviétique dont on ressent encore la puissance démesure, ce legs pluriséculaire préservé du stalinisme sur lequel se grette, se superpose la nouvelle tendance du capitalisme sauvage. Harmonie des siècles en proie à l'acculturation, la progressive ressemblance des centre-villes européens. Néanmoins Sofia, comme d'autres, en est au stade de sa mutation qui, pour l'étudiant occidental en vadrouille, cause un émerveillement favorisé par un pouvoir d'achat dédoublé. La crème brûlée était en fait une crème caramel. Elle était un peu comme toi cette crème : onctueuse, si on n'en abuse pas. Je pense à toi au croisement des mutations.
Le jus de kiwi est sur la table à mon retour des toilettes, ils n'ont plus de cheesecake à la fraise, je me rabats sur la crème brûlée dont ils se targuent d'être spécialistes, on va voir ce que ça rend. Je fume, évidemment c'est autorisé, songeur, suite à notre conversation d'hier. Ce n'est pas tout à fait par hasard que je suis tombé sur cette pâtisserie (chic et pourtant modiques, les prix) au rez-de-chaussée de ce qui doit être un vestige des temps communistes totalement réhabilité. C'est ça qui est proprement hallucinant à Sofia, et que j'avais déjà (dans une moindre mesure) observé dans d'autre pays de l'Est (Cracovie, Bratislava) : cette décrépitude soviétique dont on ressent encore la puissance démesure, ce legs pluriséculaire préservé du stalinisme sur lequel se grette, se superpose la nouvelle tendance du capitalisme sauvage. Harmonie des siècles en proie à l'acculturation, la progressive ressemblance des centre-villes européens. Néanmoins Sofia, comme d'autres, en est au stade de sa mutation qui, pour l'étudiant occidental en vadrouille, cause un émerveillement favorisé par un pouvoir d'achat dédoublé. La crème brûlée était en fait une crème caramel. Elle était un peu comme toi cette crème : onctueuse, si on n'en abuse pas. Je pense à toi au croisement des mutations.
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