En effet, tu es le genre de garçon qui part au milieu d'une phrase en claquant la porte.
Tout part en vrille ; plus proche de ton coeur que de tes yeux, à Sydney, la ville que j'avais tellement hâte de retrouver n'est plus qu'une jungle urbaine où la canicule assomme la soldatesque avide d'emploi, je m'enferme dans l'ombre, dans ma sueur, cliquant distraitement sur quelques annonces pour soulager ma conscience professionnelle ; mon estomac ligoté se satisfait d'un abricot par jour et d'un milliard de cigarettes, festin parfois agrémenté d'un verre de vin, depuis une semaine presque rien, ce qui m'arrange quelque part puisque je n'ai plus un rond ; je ne sais même pas comment je vais payer la caution de la chambre dans quelques jours, je traîne un virus ou un microbe qui demeure inconnu puisque je n'ai pas 70 dollars pour une consultation ; si encore il me restait le désir de cette ville, de se battre pour y vivre, mais je ne songe plus qu'à celle que j'ai quitté sans gloire huit mois plus tôt ; si encore je pouvais rentrer aussi simplement que ça, aussi rapidement qu'un texto, mais la compagnie d'avion ne pourra plus avancer mon vol, pour cause de haute saison, pour cause de c'est putain de complet, tant pis, je viens de jeter un coup d'oeil aux allers simples, ce que je m'étais interdit de faire ; j'ai la confirmation que ça me coûterait un rein sur le marché noir en Roumanie, la vérité, je l'ai, elle tient en deux mots : je suis coincé ; pendant que je fonds dans toutes les sens du terme la seule énergie que je ne perds pas est celle qui me lie à toi, par les tripes ; je suis amoureux, je suis perdu, au bout du compte je serai sans doute celui qui va se faire entuber mais ce n'est pas le pire : c'est que je suis coincé, le pire. Je ne peux que lire les mots - encore eux, les mots, ce ne sont que des mots - que tu adresses à l'autre, qui se retrouvent sous mes yeux sans que je puisse lutter et je ne peux qu'attendre tes aurores pour terminer une conversation. Je suis coincé.
Tu n'es pas revenu la minute d'après. Tu es parti au milieu de la phrase et je ne te demande pas pourquoi ; je saurai tout respecter. Je te laisserai le temps, je te laisserai tranquille. La fin de la discussion et je te laisse tranquille. Je voudrais ne pas avoir à te demander ça, mais je n'ai pas le choix. Je suis coincé. Dans quelques minutes, peut-être. Toi.
Tout part en vrille ; plus proche de ton coeur que de tes yeux, à Sydney, la ville que j'avais tellement hâte de retrouver n'est plus qu'une jungle urbaine où la canicule assomme la soldatesque avide d'emploi, je m'enferme dans l'ombre, dans ma sueur, cliquant distraitement sur quelques annonces pour soulager ma conscience professionnelle ; mon estomac ligoté se satisfait d'un abricot par jour et d'un milliard de cigarettes, festin parfois agrémenté d'un verre de vin, depuis une semaine presque rien, ce qui m'arrange quelque part puisque je n'ai plus un rond ; je ne sais même pas comment je vais payer la caution de la chambre dans quelques jours, je traîne un virus ou un microbe qui demeure inconnu puisque je n'ai pas 70 dollars pour une consultation ; si encore il me restait le désir de cette ville, de se battre pour y vivre, mais je ne songe plus qu'à celle que j'ai quitté sans gloire huit mois plus tôt ; si encore je pouvais rentrer aussi simplement que ça, aussi rapidement qu'un texto, mais la compagnie d'avion ne pourra plus avancer mon vol, pour cause de haute saison, pour cause de c'est putain de complet, tant pis, je viens de jeter un coup d'oeil aux allers simples, ce que je m'étais interdit de faire ; j'ai la confirmation que ça me coûterait un rein sur le marché noir en Roumanie, la vérité, je l'ai, elle tient en deux mots : je suis coincé ; pendant que je fonds dans toutes les sens du terme la seule énergie que je ne perds pas est celle qui me lie à toi, par les tripes ; je suis amoureux, je suis perdu, au bout du compte je serai sans doute celui qui va se faire entuber mais ce n'est pas le pire : c'est que je suis coincé, le pire. Je ne peux que lire les mots - encore eux, les mots, ce ne sont que des mots - que tu adresses à l'autre, qui se retrouvent sous mes yeux sans que je puisse lutter et je ne peux qu'attendre tes aurores pour terminer une conversation. Je suis coincé.
Tu n'es pas revenu la minute d'après. Tu es parti au milieu de la phrase et je ne te demande pas pourquoi ; je saurai tout respecter. Je te laisserai le temps, je te laisserai tranquille. La fin de la discussion et je te laisse tranquille. Je voudrais ne pas avoir à te demander ça, mais je n'ai pas le choix. Je suis coincé. Dans quelques minutes, peut-être. Toi.

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